Qui sommes-nous?

Coturnix a été fondée en 2016 pour conduire des opérations de recherche (et aussi un peu de développement) dans le domaine de l'informatique pour l'énergie. Son nom vient du nom scientifique de la caille des blés. Cet oiseau migrateur possède une incroyable capacité à optimiser naturellement chaque dépense d'énergie lors de ses longs vols, ainsi que la quantité de nourriture dont elle a besoin jusqu'à sa prochaine pause. Nous nous concentrons sur l'autoconsommation collective depuis 2021.

Notre vision

Le système électrique

Les énergies renouvelables sont par nature intermittentes et distribuées, ce qui tranche radicalement avec les modes de production, de distribution et de consommation des systèmes électriques actuels. D'autre part, la production d'électricité est un sujet largement plus complexe aujourd'hui que dans les années 1980, quand une grande partie du parc nucléaire français a été construit. Les usages de l'électricité sont différents, la construction et le financement des réacteurs nucléaires sont plus difficiles qu'à l'époque, et les chaînes d'approvisionnement dépendent d'un contexte géopolitique de moins en moins stable.
Ainsi, le réseau électrique français et européen traverse depuis plusieurs années une profonde mutation, qui s'opère de façon plus ou moins volontaire suivant les entreprises et les secteurs. Si l'ouverture du marché de l'électricité dans les années 2000 a induit des effets négatifs et un surcroît de complexité, elle a aussi ouvert un champ d'expérimentation qui permet à des acteurs comme Coturnix d'expérimenter à l'échelle d'une commune le fonctionnement du réseau électrique de demain. Ces expériences sont cruciales, parce que l'énergie mêle de nombreux domaines scientifiques tels que l'informatique, l'économie ou encore la sociologie, et qu'il est difficile de mélanger ces notions de façon purement théorique.

L'informatique

Chez Coturnix, nous pensons qu'une grande partie de cette transformation peut être portée localement, grâce à une stratégie informatique, où «l'informatique» signifie l'étude des systèmes qui échangent et organisent l'information, ce qui est très loin de se limiter aux seuls ordinateurs. Par exemple, on peut voir les marchés de l'électricité (même locaux) comme des algorithmes qui visent à optimiser certaines valeurs en respectant des contraintes. Cette optimisation est «calculée» collectivement par les participants au marché eux-mêmes via leurs stratégies, et non par des ordinateurs. Notre travail consiste à établir des règles du jeu pour «programmer» ces marchés, c'est-à-dire pour que les participants maximisent certaines métriques (par exemple le taux d'autoconsommation ou la valeur économique totale produite).

La juste place du numérique

Une conséquence assez directe de ce qui précède est qu'il est possible de faire de l'informatique au meilleur niveau tout en laissant le numérique (ordinateurs, téléphones…) s'effacer. C'est notre pari: utiliser la technique pour résoudre des problèmes techniques permet de laisser le temps aux humains de se concentrer sur les questions humaines, qui ne manquent pas dès que l'on partage une ressource.
Dès le début du projet Coturnix actuel en 2021, nous avons tenté d'imaginer un système «informatique» qui pourrait fonctionner dans un contexte de fracture numérique. Nos travaux de recherche avec des sociologues nous ont aussi indiqué un rapport très genré à l'électricité et aux outils numériques, que nous avons choisi de contrer radicalement en rendant presque toutes les interactions numériques optionnelles.
Paradoxalement, cette démarche nous a forcé à concevoir une technologie encore plus avancée, pour libérer au maximum nos utilisateurs d'interactions numériques et résoudre leurs problèmes sans avoir besoin de capter leur attention. Nous avons ainsi dû imaginer des stratégies pour éviter d'avoir à déployer des armées d'objects connectés, ou encore pour minimiser les interactions avec notre site internet. Dans un monde où le temps de cerveau est une resource exploitable comme une autre, ou les «IoT», les «IA» et autres «cryptomonnaies» sont sur toutes les lèvres, ce genre d'approche n'est bien sûr pas évident à faire financer.
Mais après tout, n'est-ce pas ce que l'on appelle parfois l'indépendance ?

Équipe

Pierre-Étienne a travaillé 15 ans comme chercheur universitaire, sur des thématiques liées au calcul asynchrone, notamment le calcul moléculaire et les structures de données pour le travail collaboratif. Il est normalien (ENS Lyon) et docteur en théorie de l'informatique.
Michel a passé 25 ans dans l'industrie et son automatisation (Placoplâtre, Siemens), avant de créer un bureau d'études en énergie du bâtiment, qui a notamment conçu le confort thermique du refuge du Goûter.
Pierre a dirigé de grandes entreprises (Faiveley Transport, Compin) pendant une grande partie de sa carrière, avant de s'intéresser à l'énergie depuis quelques années. Il est centralien (Paris) et docteur en métallurgie.
Benoît a 10 ans d'ingenierie derrière lui dans les entreprises les plus innovantes de la tech, avant de se laisser séduire par le défi de changer les usages de l'énergie.
Antoine a passé plus de 15 ans dans les agences de publicité, avant d'aider les entreprise à changer leur façon de produire pour limiter leur impact sur le monde.