Éco-conception

Coturnix s’applique à elle-même ses propres principes de sobriété et d’utilisation responsable de l’énergie. Nous avons dû faire un certain nombre de choix pour cela, qui ont fortement contraint notre communication et notre accès à certains types de financements.

Nous présentons ici nos réponses à la version 2 du référentiel général d’écoconception de services numériques, en version 2024. Nous sommes concernés par toutes les questions, et répondons positivement à toutes.

1 Stratégie

1.1 Le service numérique a-t-il été évalué favorablement en termes d’utilité en tenant compte de ses impacts environnementaux ?

Le service a été créé pour répondre à un problème concret et précis, initialement pour le cas particulier d’un bailleur social. Coturnix répond à un problème économique concret posé par le partage d’énergie local : le partage d’énergie et le passage de communautés à l’échelle de nombreux participants. Notre solution s’inscrit donc dans les objectifs de développement durable de l’ONU suivants :

1.2 Le service numérique a-t-il défini ses cibles utilisatrices, les besoins métiers et les attentes réelles des utilisateurs-cibles ?

Nous avons co-conçu Coturnix avec ses utilisateurs, en tenant compte de la notion de fracture numérique. En particulier, Coturnix est utilisable sans ordinateur ni smartphone une fois passé l’inscription (et ne demande qu’un navigateur standard et une adresse courriel pour cette inscription).

1.3 Le service numérique a-t-il au moins un référent identifié en écoconception numérique ?

Nous suivons les conseils de Cosme Meunier sur la question, qui est accrédité Bilan Carbone (r) par l’ADEME, membre de l’Association pour la transition Bas Carbone, collège conseil et Audit. Il a été formé par l’Institut de Formation Carbone IFC et accompagne au quotidien des entreprises et entités publiques dans l’optimisation de leur impact carbone.

1.4 Le service numérique réalise-t-il régulièrement des revues pour s’assurer du respect de sa démarche d’écoconception ?

Nous vérifions au début de chaque mois les infrastructures en place, notamment en vérifiant les différentes infrastructures cloud déployées. De plus, les nouvelles fonctionnalités sont systématiquement mesurées à l’aune de l’impact environnemental, notamment en termes de transfert de données.

1.5 Le service numérique s’est-il fixé des objectifs en matière de réduction ou de limitation de ses propres impacts environnementaux ?

Notre objectif est d’avoir un impact inférieur de 80 % aux moyennes constatées sur le marché (hors compensation) afin de respecter les accords et recommandations du GIEC pour la neutralité carbone en 2050.

1.6 Le service numérique collecte-t-il la donnée de façon responsable et raisonnée ?

Conformément au RGPD, nous ne collectons aucune donnée qui ne soit pas strictement nécessaire à nos services. Nous avons également fait le choix de ne pas collecter de données de suivi et de traçage de nos utilisatrices et utilisateurs, afin de respecter leur vie privée, et de nous forcer à collecter les données de vive voix avec elles et eux.

1.7 Le service numérique a-t-il recours à un niveau de chiffrement adapté à ses besoins ?

Nous utilisons l’état de l’art de la cryptographie en ce qui concerne nos communications avec les terminaux clients, c’est-à-dire le chiffrement TLSv1.3. En interne, nous utilisons aussi des technologies de cryptographies classiques, c’est-à-dire un réseau Wireguard au-dessus duquel l’essentiel de nos données transitent “en clair” (c’est-à-dire que nous ne chiffrons pas deux fois). La seule exception est SSH, que nous utilisons de plusieurs façons différentes.

1.8 Le service numérique a-t-il mis en place des efforts d’open source ?

Nous utilisons systématiquement un logiciel open source pour 100 % des usages, quand de tels logiciels existent. L’intégralité de notre parc informatique tourne exclusivement sous Linux, et n’utilise des logiciels propriétaires qu’au cas par cas (par exemple pour la communication avec du matériel spécifique : certains équipements électroniques, onduleurs ou batteries).

De plus, notre équipe informatique contribue à des projets open source, dont certains de grande ampleur (Pijul, Sanakirja), et une partie des travaux de Coturnix est elle-même open source, comme notre moteur d’études Grain.

1.9 Le service numérique a-t-il été conçu avec des technologies standard interopérables plutôt que des technologies spécifiques et fermées ?

Notre interface web se conforme intégralement aux standards du web. Il dépasse de plus cette exigence en utilisant le rendu côté serveur dès que c’est possible, ce qui permet de consulter presque toutes les pages sans javascript. Les seules exceptions sont les cartes interactives et le paiement par carte, qui utilisent les bibliothèques les plus standard possibles (Stripe pour le paiement, Leaflet; pour les cartes) et des données ouvertes (celles d’OpenStreetMap pour les cartes).

1.10 Le service numérique repose-t-il sur des API documentées et ouvertes pour interagir avec le matériel ?

Les services de Coturnix n’utilisent pour l’instant pas de matériel non-standard ou propriétaire.

2 Spécifications

2.1 Le service numérique a-t-il défini la liste des profils de matériels que les utilisateurs vont pouvoir employer pour y accéder ?

Oui. Nos services sont conçus pour s’exécuter avec la même performance sur tous les terminaux grand public produits depuis 2010. Nous les testons sur différents modèles concrets, allant de Raspberry Pi 4 à des stations de travail, en passant par des ordinateurs portables et des téléphones.

Concernant notre application mobile, elle est conçue pour être déployée sur les versions des systèmes (Android et iOS) les plus anciennes encore supportées.

2.2/2.4 Le service numérique est-il utilisable sur d’anciens modèles de terminaux ? et Le service numérique est-il utilisable sur d’anciennes versions de système d’exploitation et de navigateurs web ?

Notre site web n’utilise que des technologies standard et évite les développements récents. Notre application mobile, quant à elle, nécessite au minimum iOS 13 (donc au moins sur l’iPhone 6s, qui date de 2015), et l’API 20 d’Android, qui date de 2014, et l’attention à cette compatibilité est depuis le début un objectif explicite de notre travail, l’application mobile nous ayant été explicitement demandée par des utilisateurs peu fortunés.

2.3 Le service numérique est-il utilisable via une connexion bas débit ou hors connexion ?

Notre service est testé plusieurs fois par semaine depuis une connexion 4G, et même régulièrement développé avec ce type de connexion. Nos propres restrictions de débit et celles de nos utilisateurs en zone rurale ont même fait partie des raisons de notre choix de développer une application mobile. En effet, contrairement à une interface web, celle-ci permet de ne télécharger l’essentiel du code qu’une seule fois, puis de réduire largement les besoins pendant l’utilisation.

2.5 Le service numérique s’adapte-t-il à différents types de terminaux d’affichage ?

L’application mobile comme le site web de Coturnix sont conçus pour l’accessibilité. Les deux sont disponibles à la fois en version sombre et en version claire en nous conformant aux standards des systèmes d’exploitation et du web. De plus, notre site web utilise les standards lui permettant d’être utilisable par des lecteurs d’écran.

2.6 Le service numérique a-t-il été conçu avec une revue de conception et une revue de code comprenant parmi ses objectifs la réduction des impacts environnementaux de chaque fonctionnalité ?

Oui. Nos objectifs de conception et nos processus de contrôle qualité incluent également la minimisation des interactions entre l’utilisateur·ice et notre interface mobile ou web, afin de lutter contre les phénomènes d’addiction aux écrans, ce qui permet également de réduire l’utilisation de terminaux numériques.

2.7 Le service numérique a-t-il prévu une stratégie de maintenance et de décommissionnement ?

Cette stratégie repose sur un principe essentiel de Coturnix, qui est la minimisation du temps que nos utilisateurs passent sur notre application et notre site web. Ainsi, nous évitons au maximum les changements d’interface, et nos mises à jour sont systématiquement testées pour vérifier que les éventuels changements sont transparents pour nos utilisateurs. Les modalités de distribution de notre application mobile (via l’App Store et le Play Store) nous permettent de surveiller l’état des mises à jour sur les smartphones de nos utilisateur·ices.

Le fait que notre équipe technique soit restreinte nous impose une grande vigilance sur les aspects de dette technique. En plus d’utiliser des technologies modernes (notamment la programmation fonctionnelle) pour vérifier automatiquement notre code et notre infrastructure, nous auditons l’architecture de notre code et de notre base de données manuellement au moins une fois par mois pour éliminer les fonctionnalités superflues.

2.8 Le service numérique impose-t-il à ses fournisseurs de garantir une démarche de réduction de leurs impacts environnementaux ?

Nous réalisons l’intégralité de la conception et du développement des services numériques de Coturnix. Nos fournisseurs de services numériques, Infomaniak, OVH et Stripe, suivent des démarches de réduction d’impact (notamment ISO14001).

2.9 Le service numérique a-t-il pris en compte les impacts environnementaux des composants d’interface prêts à l’emploi utilisés ?

Nous avons tout d’abord peu de composants d’interface prêts à l’emploi, et sommes de plus particulièrement vigilants aux questions de leur minimisation, de leur compression et de leur mise en cache côté client. De plus, notre interface web est compilée, ce qui permet de minimiser le poids de ses différents composants statiques. Enfin, l’utilisation d’une application mobile permet de ne transférer que les données utiles. La plupart du temps, celles-ci sont transférées par des notifications push invisibles, qui permettent d’éviter « l’attente active » et de mutualiser les connexions à internet entre plusieurs applications.

2.10 Le service numérique a-t-il pris en compte les impacts environnementaux des services tiers utilisés lors de leur sélection ?

Nos seuls fournisseurs externes sont liés à l’hébergement de serveurs et au paiement. Pour l’hébergement, nous utilisons Infomaniak, qui a fait certifier sa démarche écologique par plusieurs normes, dont ISO 14001, ISO 50001 dès avril 2015. Infomaniak a reçu en outre de nombreux prix locaux (Suisses) récompensant sa démarche.

3 Architecture

3.1 Le service numérique repose-t-il sur une architecture, des ressources ou des composants conçus pour réduire leurs propres impacts environnementaux ?

Nous utilisons systématiquement les technologies les plus efficaces possibles pour nos serveurs, en particulier en termes de langages de programmation. Ces technologies permettent de garantir non seulement la meilleure performance possible, mais aussi une grande souplesse de test et de prototypage, ce qui permet de tester davantage d’hypothèses de performance pour retenir les meilleures. Nos méthodes de déploiement utilisent des technologies issues de recherches récentes, afin d’éviter le téléchargement d’images lourdes et l’utilisation de machines virtuelles.

Pour l’application mobile, nous utilisons une technologie portable qui permet de développer une seule version pour toutes les plateformes (iOS, Android). Ce choix donne une application légèrement moins efficace que des applications natives (de 15 % à 20 % selon les sources), mais largement moins coûteuses à développer et à maintenir. Cette performance légèrement inférieure est toutefois à relativiser, étant donné que l’application mobile ne fait quasiment aucun calcul lorsqu’elle est active et n’utilise aucun cycle de processeur lorsqu’elle est en veille.

3.2 Le service numérique fonctionne-t-il sur une architecture pouvant adapter la quantité de ressources utilisées à la consommation du service ?

Nous utilisons le cloud d’Infomaniak et des outils de déploiement rapides, qui permettent d’ajouter de nouvelles machines en quelques minutes au besoin. Nous avons pour l’instant fait le choix de privilégier l’optimisation de la performance de notre serveur web pour retarder l’utilisation d’outils spécifiques de scaling (Kubernetes), qui nous imposeraient d’ajouter de nombreux serveurs et disques durs supplémentaires et nuiraient à notre impact environnemental. Nos tests montrent que sans changer notre infrastructure, nous pourrions déjà gérer sans problème une charge plusieurs fois supérieure à l’intégralité de l’autoconsommation collective française actuelle.

3.3 Le service numérique est-il en mesure de supporter l’évolution technique des protocoles ?

Nous utilisons IPv4 et IPv6 pour le développement et le contrôle de sécurité de Coturnix, en testant régulièrement les deux en production pour garantir que tous nos utilisateur·ices aient accès à Coturnix, quel que soit leur fournisseur d’accès. De plus, nous redirigeons systématiquement notre port HTTP vers HTTPS, en utilisant HSTS pour éviter les problèmes de sécurité potentiels liés à cette redirection.

3.4 Le service numérique garantit-il la mise à disposition de mises à jour correctives pendant toute la durée de vie prévue des équipements et des logiciels liés au service ?

Oui, et nos conditions d’utilisations vont même plus loin en promettant l’ouverture totale du code dans le cas où l’entreprise Coturnix venait à cesser ses activités. La disponibilité des mises à jour est aujourd’hui le principal point bloquant pour que nous utilisions les « stores » alternatifs rendus possibles par le Digital Market Act Européen.

3.5 Le service numérique propose-t-il d’installer des mises à jour correctives indépendamment des mises à jour évolutives de façon transparente ?

C’est le cas sur notre backend, grâce à l’utilisation d’outil modernes de contrôle de version (Pijul).

3.6 Le service numérique propose-t-il les mises à jour incrémentielles, afin de ne pas remplacer tout le code à chaque mise à jour ?

Nous utilisons des distributions Linux immutables sur tout notre parc, qui représentent l’état de l’art dans ce domaine.

3.7 Le service numérique optimise-t-il la sollicitation des environnements de développement, de préproduction ou de test en fonction de ses besoins ?

Nos outils de déploiement, dont Nix, ne testent par construction que ce qui a changé ou est affecté par un changement. Les changements sont détectés par le hash cryptographique de leur contenu et des dépendances de ces changements, ce qui garantit qu’un sous-système qui n’a pas changé, et qui n’est pas affecté par le changement d’une dépendance, n’est pas testé à nouveau.

4 UX/UI

4.1 Le service numérique comporte-t-il uniquement des animations, vidéos et sons dont la lecture automatique est désactivée ?

Notre site ne comporte quasiment aucune animation, et les animations sont toutes définies en vectoriel, avec un surcoût négligeable par rapport à la version statique. Dans tous les cas, nous suivons une politique plus stricte que cette question, liée à l’accessibilité, en suivant les réglages “faible animation” des navigateurs.

4.2 Le service numérique affiche-t-il uniquement des contenus sans défilement infini ?

Notre service n’a aucune page de ce type, et comme nous l’avons expliqué en introduction de cette rubrique, l’un de nos objectifs est de limiter la nécessité d’interactions entre nos utilisateurs et notre application mobile ou notre site web.

4.3 Le service numérique optimise-t-il le parcours de navigation pour chaque fonctionnalité principale ?

Nous allons en réalité beaucoup plus loin, puisque l’une des métriques que nous utilisons dans la conception est le nombre d’interactions (champs de texte, boutons…) nécessaires pour effectuer chaque action. Notre objectif est évidemment de réduire ces interactions au maximum, y compris pour les fonctionnalités secondaires.

4.4 Le service numérique permet-il à l’utilisateur de décider de l’activation d’un service tiers ?

Le seul service tiers auquel nous ayons recours concerne les plateformes de paiement, et il est activable uniquement par une action volontaire de l’utilisateur·ice.

4.5 Le service numérique utilise-t-il majoritairement des composants fonctionnels natifs du système d’exploitation, du navigateur ou du langage utilisé ?

Notre site internet utilise les composants standards des navigateurs, avec une couche de standardisation CSS pour offrir la même interface sur les différents navigateurs et plateformes. Cette couche est minimale et est mise en cache au premier chargement d’une page.

Notre application mobile, quant à elle, utilise une bibliothèque portable qui permet de traduire les différents composants (boutons, textes…) en composants natifs, à la fois dans un souci de taille d’exécutable et afin d’offrir une expérience « native » à nos utilisateurs.

4.6 Le service numérique utilise-t-il uniquement du contenu vidéo, audio et animé porteur d’informations ?

Seule la page d’accueil a des animations décoratives, et elles ont le même coût de transport et de ressources sur le navigateur que leur version statique, puisqu’elles utilisent les animations CSS. De plus, elles sont désactivés sur les navigateurs en mode “animation réduite”.

4.7 Le service numérique opte-t-il pour les choix les plus sobres entre le texte, l’image, l’audio ou la vidéo, selon les besoins utilisateurs ?

Oui. La plupart du temps c’est du texte, mais nous utilisons aussi des validations côté client pour les interactions des utilisateurs, ce qui permet d’encourager les utilisateurs à lire le texte.

4.8 Le service numérique limite-t-il le nombre des polices de caractères téléchargées ?

C’est bien le cas pour notre application mobile. En revanche, nous avons fait le choix pour notre site web de standardiser la police de caractère entre les différents systèmes, afin d’uniformiser l’expérience utilisateur et donc d’améliorer l’accessibilité de notre site web. Cependant, nous ne téléchargeons qu’une seule police, compressée (seuls 111ko sont téléchargés) et mise en cache au premier chargement. De plus, notre feuille de style utilise la police par défaut du système comme police de substitution.

4.9 Le service numérique limite-t-il les requêtes serveur lors de la saisie utilisateur ?

Nous n’utilisons pas de suggestion ni de vérification automatique. Dans certains de nos formulaires, nous avons choisi de dégrader légèrement l’expérience utilisateur pour minimiser nos requêtes. L’objectif est autant la sobriété côté client que la limitation de nos besoins serveurs.

4.10 Le service numérique informe-t-il l’utilisateur du format de saisie attendu, en évitant les requêtes serveur inutiles pour la soumission d’un formulaire ?

Oui, autant dans un objectif de sobriété que parce que les informations que nous demandons à nos utilisateur·ices sont pour un certain nombre d’entre elles relativement techniques (numéros de compteur d’électricité, de contrat d’injection…) et qu’il est donc primordial de leur communiquer un format le plus clair possible.

Pour les interactions qui posent des difficultés à nos utilisateurs et qui sont demandées rarement, nous avons fait le choix de valider en continu la saisie.

4.11 Le service numérique informe-t-il l’utilisateur, avant le transfert, des poids et formats de fichier attendus ?

Nous ne proposons pas le téléchargement de fichiers volumineux. Les fichiers téléchargeables depuis Coturnix sont de petits fichiers Excel de comptabilité mensuelle, ou des factures au format PDF. Dans les deux cas, les fichiers dépassent rarement le méga-octet.

4.12 Le service numérique indique-t-il à l’utilisateur que l’utilisation d’une fonctionnalité a des impacts environnementaux importants ?

Aucune des fonctionnalités des services numériques de Coturnix n’a d’impact environnemental significatif.

4.13 Le service numérique limite-t-il le recours aux notifications, tout en laissant la possibilité à l’utilisateur de les désactiver ?

Nous n’avons aucune notification dans la page web. Notre application mobile limite les notifications au strict minimum. Elles ne sont en effet utilisées que dans les cas où le service cesserait son fonctionnement normal sans interaction de l’utilisateur (par exemple sur le paiement), ainsi que pour permettre une utilisation normale des services. En particulier, Coturnix sert à répartir de l’électricité, nous utilisons par conséquent des notifications pour décaler certaines consommations.

4.14 Le service numérique évite-t-il le recours à des procédés manipulatoires dans son interface utilisateur ?

Oui, c’est même notre principal principe de design.

4.15 Le service numérique fournit-il à l’utilisateur un moyen de contrôle sur ses usages afin de suivre et de réduire les impacts environnementaux associés ?

Notre conception va même bien plus loin, en permettant aux utilisateur·ices d’utiliser Coturnix sans aucun terminal numérique. Les interactions avec notre serveur se font alors via les compteurs communicants.

5 Contenus

5.1 Le service numérique utilise-t-il un format de fichier adapté au contenu et au contexte de visualisation de chaque image ?

Oui. Il y a peu d’images non-vectorielles sur ce site, et pour les images dépassant 200ko, nous utilisons une visualisation “responsive” à plusieurs résolutions disponibles, pour servir la taille d’image la plus petite qui ne perd pas d’information.

5.2 Le service numérique propose-t-il des images dont le niveau de compression est adapté au contenu et au contexte de visualisation ?

Nous utilisons les formats PNG et JPEG, au niveau de compression standard. Il est important de noter que l’impact de l’optimisation fine de ces formats est la plupart du temps négligeable par rapport à la disponibilité de plusieurs tailles d’images, choisies en fonction de la taille de l’écran.

5.3 Le service numérique utilise-t-il, pour chaque vidéo, une définition adaptée au contenu et au contexte de visualisation ?

Nous n’utilisons pas de vidéo sur ce site.

5.4 Le service numérique propose-t-il des vidéos dont le mode de compression est efficace et adapté au contenu et au contexte de visualisation ?

Nous n’utilisons pas de vidéo sur ce site.

5.5 Le service numérique propose-t-il un mode « écoute seule » pour ses vidéos ?

Nous n’utilisons pas de vidéo sur ce site.

5.6 Le service numérique propose-t-il des contenus audios dont le mode de compression est adapté au contenu et au contexte d’écoute ?

Nous n’utilisons pas d’audio sur ce site.

5.7 Le service numérique utilise-t-il un format de fichier adapté au contenu et au contexte d’utilisation pour chaque document ?

Coturnix évite les téléchargements inutiles. Nous sommes aidés en cela par le mécanisme automatisé expliqué dans la réponse 6.1.

5.8 Le service numérique a-t-il une stratégie d’archivage et de suppression, automatique ou manuelle, des contenus obsolètes ou périmés ?

Une partie des fichiers de nos services sont générés à la volée, de manière déterministe et reproductible, à partir des informations de notre base de données. Les autres documents appartiennent aux utilisateur·ices et sont stockés dans une base de données qui suit notre politique de confidentialité, selon laquelle les contenus supprimés par les utilisateur·ices ne sont plus stockés sur nos serveurs au maximum trente jours plus tard.

6 Frontend

6.1 Le service numérique s’astreint-il à un poids maximum et une limite de requête par écran ?

Nous dépassons même cette exigence, puisque notre site internet utilise le même code côté client et côté serveur pour générer les pages HTML. Cette technologie permet de télécharger une page générée côté serveur lorsque l’utilisateur arrive sur le site (avec n’importe quel chemin), puis de ne télécharger que les données nécessaires à la modification de la page (au format JSON) lors de la navigation. Ce système permet d’utiliser au mieux le cache côté client. La limite que nous nous fixons pour chacune des pages est de 1Mo lors de la première page affichée, puis de 100ko (avec cache) lors de la navigation habituelle, en particulier lorsque de nouveaux scripts (paiements, cartes géographiques…) doivent être téléchargés.

Cette méthode de minimisation de la taille des pages est donc d’autant plus efficace qu’une requête est découpable en un grand nombre de “sous-requêtes”, ceci afin de maximiser le chargement parallèle et minimiser la latence et le poids du site. Notre service étant complètement compatible avec HTTP/2, l’impact des requêtes séparées est cependant négligeable, ces requêtes étant multiplexées par HTTP/2 sur un même connexion TCP.

6.2 Le service numérique utilise-t-il des mécanismes de mise en cache pour la totalité des contenus transférés dont il a le contrôle ?

Oui, tous nos fichiers statiques ont une URL qui contient un hash de leur contenu, ce qui facilite une mise en cache particulièrement efficace.

6.3 Le service numérique a-t-il mis en place des techniques de compression pour les ressources transférées dont il a le contrôle ?

Toutes nos requêtes sont compressés côté serveur, et les requêtes statiques gardent de plus la version compressée en cache.

6.4 Le service numérique affiche-t-il majoritairement des images dont les dimensions d’origine correspondent aux dimensions du contexte d’affichage ?

Une très large proportion de nos contenus graphiques est en format vectoriel, mais tous les autres éléments graphiques sont disponibles en plusieurs versions, et servis dans la taille pertinente, choisie lors de l’affichage.

6.5 Le service numérique évite-t-il de déclencher le chargement de ressources et de contenus inutilisés pour chaque fonctionnalité ?

Coturnix évite les téléchargements inutiles. Nous sommes aidés en cela par le mécanisme automatisé expliqué dans la réponse 6.1.

6.6 Le service numérique restreint-il l’usage des capteurs des terminaux utilisateurs au besoin du service ?

Notre service n’utilise des capteurs que pour l’application mobile, et ne les utilise que pour la géolocalisation et la lecture de cartes de crédits. Ils sont éteints le reste du temps.

6.7 Le service numérique héberge-t-il toutes les ressources statiques transférées dont il est l’émetteur sur un même domaine ?

Nous n’utilisons qu’un seul domaine pour service toutes nos ressources, coturnix.fr, et notre serveur est compatible avec HTTP/2.

7 Backend

7.1 Le service numérique a-t-il recours à un système de cache serveur pour les données les plus utilisées ?

Les données servies par Coturnix sont en effet mises en cache en mémoire en utilisant des techniques standard d’éviction pour utiliser au mieux le matériel tout en garantissant la disponibilité du service.

7.2 Le service numérique met-il en place des durées de conservation sur les données et documents en vue de leur suppression ou archivage passé ce délai ?

Oui, comme nous y oblige d’ailleurs le RGPD pour une grande partie des données. Cependant, les données nécessaires à la comptabilité et au contre-factuel sont conservées aussi longtemps que nécessaire.

7.3 Le service numérique informe-t-il l’utilisateur d’un traitement en cours en arrière-plan ?

C’est le cas pour notre application mobile. Notre site web utilise quant à lui un système « à l’ancienne » pour traiter les interactions, avec des requêtes POST redirigées. Nos tests ont en effet montré que c’est le système le plus facile à maintenir et le plus accessible.

7.4 Le service numérique s’appuie-t-il sur un mécanisme de consensus qui minimise sa consommation de ressources ?

La blockchain est le mécanisme de consensus le plus coûteux et inutile qui ait été inventé. Dans presque tous les cas, il est inutile, puisque ses hypothèses de “zéro confiance” ne s’appliquent quasiment jamais au monde réel. Pour synchroniser ses serveurs, Coturnix utilise au contraire une technologie de cryptographie ultra-rapide pour établir la confiance, ainsi que les protocoles de réplication et de consensus les plus efficaces (Raft, en particulier).

8 Hébergement

8.1 Le service numérique utilise-t-il un hébergement ayant une démarche de réduction de son empreinte environnementale ?

Oui : Infomaniak et OVH sont certifiés ISO 50001, la norme la plus exigeante dans ce domaine.

8.2 Le service numérique utilise-t-il un hébergement qui fournit une politique de gestion durable des équipements ?

Infomaniak exploite ses serveurs jusqu’à 15 ans, et OVH jusqu’à 10 ans.

8.3 Le service numérique utilise-t-il un hébergement dont le PUE (Power Usage Effectiveness) est minimisé ?

Le PUE des datacenters d’Infomaniak est de 1.06, nettement inférieur à la moyenne européenne (1.8). Celui d’OVH est de 1.24.

8.4 Le service numérique utilise-t-il un hébergement dont son WUE (Water Usage Effectiveness) est minimisé ?

Le WUE d’Infomaniak en 2024 était de 0.0145, celui d’OVH est de 0.34.

8.5 Le service numérique utilise-t-il un hébergement dont l’origine de consommation d’électricité est documentée et majoritairement d’origine renouvelable ?

Les datacenters d’Infomaniak utilisent 100 % d’énergie renouvelable depuis le début de cette entreprise. Dans leur dernier rapport, OVH utilise 100 % d’énergie renouvelable.

8.6 Le service numérique utilise-t-il un hébergement dont la localisation géographique est cohérente avec ses activités et qui minimise son empreinte environnementale ?

Nous utilisons un hébergement basé dans le canton de Genève, en Suisse, ainsi qu’un autre basé à Paris, et un troisième à Gravelines (Nord). Ces localisations nous permettent de desservir la totalité du territoire français avec une latence raisonnable.

8.7 Le service numérique utilise-t-il un hébergement qui traite efficacement la chaleur produite par les serveurs ?

Notre hébergeur, Infomaniak récupère la chaleur fatale dans son datacenter D4, qui héberge une partie du site de Coturnix.

OVH récupère la chaleur fatale sur certains de ses datacenters, et a entrepris des travaux en ce sens sur d’autres.

8.8 Le service numérique héberge-t-il de façon distincte les données « chaudes » et « froides » ?

Les principales données froides que nous utilisons sont les données météo et les sauvegardes de la base de données, qui sont stockées sur un bucket S3 chez OVH. En revanche, le volume de données que nous traitons n’est pas suffisamment élevé pour que l’ajout de nouvelles infrastructures, machines et disques soit rentable en termes d’impact.

8.9 Le service numérique duplique-t-il les données uniquement lorsque cela est nécessaire ?

Comme nous l’avons expliqué à la question 3.1, l’efficacité de nos technologies nous permet d’utiliser un nombre réduit de serveurs pour gérer un grand nombre de communautés. Nous sauvegardons quotidiennement notre base de données, et supprimons automatiquement les sauvegardes après quelques jours.

8.10 Le service numérique tient-il compte des contraintes externes pour minimiser l’impact environnemental des calculs et transferts de données asynchrones ?

Nous ne planifions ces calculs et transferts que la nuit, c’est-à-dire en heures creuses de consommation électrique. Cette politique est alignée avec l’objectif d’utiliser les serveurs les moins puissants qui suffisent au bon fonctionnement de nos services.

9 Algorithmie

L’algorithmique est l’un des domaines les plus riches de la connaissance humaine, vieux de plusieurs milliers d’années. Il est non seulement à l’origine d’une révolution technologique, mais plus profondément d’une révolution épistémologique, puisque l’invention de la machine de Turing a permis de formaliser proprement la notion de “connaissance certaine”.

La Direction interministérielle du numérique a choisi de restreindre ce domaine à un seul type d’algorithme (les réseaux de neurones). Nous le regrettons : c’est un type d’algorithme presque complètement synthétique, c’est-à-dire généré par un autre algorithme (lui-même assez basique). Nous répondons quand même à ces questions, évidemment.

9.1 Le service numérique a-t-il interrogé la nécessité d’une phase d’entraînement pour éviter un usage non justifié et déraisonné ?

Oui. Nous n’utilisons d’ailleurs pas ce type d’entraînement coûteux sur des services cloud. Contrairement à une idée largement répandue, presque tous les usages des réseaux de neurones sont faisables sur du matériel domestique. Pour ce type de processus par nature asynchrone, nous avons fait le choix d’entraîner des modèles uniquement quand il n’y a pas d’autre solution, et nous les entraînons sur notre propre matériel, ce qui garantit un contrôle fin de la façon dont ces calculs se passent.

9.2 Le service numérique utilise-t-il une phase d’apprentissage avec un niveau de complexité minimisé et proportionné à l’usage effectif du service ?

Oui, et c’est d’ailleurs tout le sens de notre remarque sur “l’Algorithmie” au début de cette section. En tant que théoriciens de l’informatique, nous sommes fiers d’utiliser les algorithmes les plus efficaces en mémoire, en calcul, en énergie et en matériel, pour toutes les tâches que traite Coturnix.

9.3 Le service numérique a-t-il mis en place des mécanismes visant à limiter la quantité d’entraînement nécessaire à son fonctionnement ?

Nous modélisons beaucoup de processus physiques (production d’électricité renouvelable, consommation d’électricité), qu’il n’est pas nécessaire de réentraîner quotidiennement. De plus, nous sauvegardons les modèles et les ré-entraînons incrémentalement.

Nos GPU utilisent de l’électricité provenant du mix français, en heures creuses pour l’entraînement sur les données de production, et éventuellement à plus petit échelle, en horaires de travail pour les tests.

9.4 Le service numérique limite-il la quantité de données utilisées pour la phase d’apprentissage au strict nécessaire ?

Oui. Dans notre cas, les données à prévoir sont très dépendant de la météo, et une année complète de données est souvent suffisante. Pour les cas plus complexes, un historique plus large peut être utilisé lorsque cette approche a échoué.

9.5 Le service numérique optimise-t-il l’occurrence de mise à jour et de réentraînement des modèles en fonction de ses besoins et des cibles utilisatrices ?

Oui. Nous avons d’ailleurs conçu le reste de nos algorithmes en prenant en compte les erreurs potentielles de nos modèles, ce qui nous permet d’éviter le réentraînement pendant assez longtemps.

9.6 Le service numérique utilise-t-il des techniques de compression pour les modèles utilisés lors de la phase d’entraînement ?

Nous ne sommes pas concernés par cette question, qui s’applique évidemment aux grands modèles de langage. À la confusion entre “algorithme” et “modélisation statistique”, cette question en ajoute deux autres : entre “modèle” et “réseau de neurone”, et entre “réseau de neurone” et “grand modèle de langage”.

9.7 Le service numérique utilise-t-il une stratégie d’inférence optimisée en termes de consommation de ressources et des cibles utilisatrices ?

Oui : l’inférence est déjà très peu coûteuse en temps de calcul pour nos modèles, qui ne sont pas de grands modèles de langage. De plus, le fait que Coturnix traite des données de comptabilité nous oblige à enregistrer les données inférées dans une base de données, nous évitant du même coup d’avoir à les inférer à nouveau.